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Aurillac expose des ouvrages datant du 15e siècle

Aurillac expose des ouvrages datant du 15e siècle

Avant l’invention de l’imprimerie, les livres étaient copiés sur parchemin ou sur papier. Les ouvrages ainsi réalisés demeuraient rares et coûteux, de même que le procédé, qui s’avérait long et fastidieux.

En 1450, l’allemand Gutenberg mis au point une technique de caractères métalliques interchangeables enduits d’encre ; une presse à bras imprimant le texte composé par les caractères. L’imprimerie était née.

Les ouvrages imprimés entre 1450 et fin 1500 ont l’appellation d’incunable. La période post-incunable, regroupe une série de livres non datés ou impossible à situer, tous imprimés entre 1501 et 1530.

Le document du mois exposé aux archives départementales du Cantal à Aurillac aurait été imprimé avant 1489, comme le prouve la date d’achat inscrite sur un autre livre de la même édition et conservé à Cambridge en Angleterre ; ce qui l’authentifie comme incunable.

L’ouvrage qui comprend « De Consolatione Philosophiae » (la Consolation de Philosophie) accompagné de commentaires a été écrit par Boèce (470 ou 475 – 524 après. J.-C.), philosophe et homme politique latin. Dans la Consolation, l’auteur, condamné à mort par Théodoric le Grand, reçoit pendant sa détention Philosophie, avec laquelle il discourt sur la condition humaine. Le texte fut une référence littéraire autant que spirituelle durant le Moyen-Age. Bien qu’il fût traduit en français, cette réflexion philosophique est présentée en latin.  Le texte principal est suivi d’un autre texte attribué au philosophe, «  De Disciplina Solarium », manuel de pédagogie à l’usage des maîtres.

La particularité des incunables était de se rapprocher des caractères gothiques des manuscrits ; l’effet d’écriture à la plume ainsi conservé, le lecteur était moins désorienté. La mise en page était serrée et laissait place à de larges marges. Les initiales, ainsi que les symboles indiquant un changement de sujet (pieds de mouche) étaient peintes ou dorées à la main.

L’ouvrage du mois a été imprimé à Lyon par Jehan (Jean) du Pré dont l’imprimerie fonctionna jusqu’en 1503. Sa marque d’imprimeur indentifiable en page de garde était un ours et un lion surmontés d’un phylactère portant son nom.  Le cadre de la page de garde est décoré de motifs végétaux avec, au bas, un écu à peindre. La licorne en filigrane permet d’identifier le papetier. Cependant le modèle imprimé ne figure pas au répertoire des marques de papier de Briquet (historien des filigranes et du papier).

Aurillac expose des ouvrages datant du 15e siècle
La licorne en filigrane permet d’identifier le papetier

Un autre incunable (un recueil juridique) imprimé par Jean du Pré en 1495 est conservé aux Archives Départementales des Hauts de seine -  Bibliothèque André-Desguine à Nanterre. A noter qu’un homonyme de l’imprimeur lyonnais a exercé à Paris pendant la même période.

Avec Paris et Venise, Lyon était l’autre grande place de l’imprimerie. A la fin du XVe siècle, la ville imprime le tiers des éditions françaises, soit environ 1140 ouvrages. Dans le premier quart du XVIe siècle, les éditeurs-libraires lyonnais ont produit près de 5.000 éditions.

Le mystère demeure quant à l’itinéraire du livre. Il aurait eût successivement deux propriétaires, avant d’échoir à la bibliothèque du séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) ; en témoigne l’estampille d’inventaire en première de couverture. A la révolution, 28.000 ouvrages de la bibliothèque du séminaire sont confisqués et une partie est transférée au Tribunat (assemblée délibérant sur les projets de loi) de Paris. Après la dissolution du Tribunat en 1807, les livres sont dispersés à travers la France, mais l’énigme est toujours présente sur le cheminement de l’incunable jusqu’à Aurillac.

Les Archives départementales du Cantal recèlent d’autres ouvrages de cette époque et même beaucoup plus ancien comme un parchemin de 1095 relatif à l’église de Bredons (Cantal).

Aurillac expose des ouvrages datant du 15e siècle

Grâce à la révolution fulgurante apportée par l’imprimerie dans la transmission du savoir et malgré le nombre relatif d’ouvrages et leur circulation limitée,  un maillage culturel, réservé au départ aux élites, était en marche dans les provinces. Le document du mois a aussi le mérite de révéler le savoir-faire des artisans-imprimeurs lyonnais et plus généralement de la corporation des artisans du livre de l’époque.

Informations complémentaires sur : http://archives.cantal.fr  onglet Musardises puis documents du mois

Photos : Archives départementales du Cantal

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