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Cardiauvergne, un exemple de télémédecine efficace

Professeur Jean Cassagnes, cardiologue en Région Auvergne

Le professeur Jean Cassagnes, cardiologue, a mis en place Cardiauvergne, un service de télémédecine pour les patients porteurs d’insuffisance cardiaque.

Quelle est votre activité ?

Jean Cassagnes : Je suis toujours professeur des universités. Je suis cardiologue, depuis les années 1970, et j’ai donc fait une carrière hospitalo-universitaire, chef du service cardiologie dans les années 1985, et pour terminer chef du pôle de cardiologie jusqu’en 2011.

Qu’est-ce que Cardiauvergne ?

J’ai créé un service de télémédecine pour les patients qui sont porteurs d’insuffisance cardiaque. Cette pathologie est un grand problème de santé publique. Il faut savoir que c’est la première cause d’hospitalisation en France, toutes maladies confondues : 2% de la population française est insuffisante cardiaque, et aujourd’hui, ce sont 200 000 séjours hospitaliers tous les ans pour ces patients-là. En Auvergne, 25 000 patients sont en insuffisance cardiaque, dont 2 000 très graves, et 5 500 à 6 000 séjours hospitaliers sont effectués annuellement dans la région.

Quels sont les objectifs de Cardiauvergne ?

Cette structure a comme objectif de surveiller de très près les patients les plus graves. Pour cela, nous leur confions un seul capteur, qui est un capteur de leur poids puisque c’est un marqueur très puissant de la rétention d’eau et de sel, qui est la première manifestation de l’insuffisance cardiaque. Une pesée quotidienne peut nous alerter sur cette rétention hydro-sodée. Aujourd’hui nous surveillons quotidiennement un peu plus de 500 patients de cette manière. Mais la seule surveillance du poids est totalement insuffisante. La médecine serait un peu facile si elle se résumait à une pesée ! Le reste de la surveillance se fait à travers un dossier médical informatisé et partagé, qui est renseigné en 3 parties.

Il y a tout d’abord la partie clinique, par les infirmières libérales que nous équipons d’un smartphone, sur lequel il y a un petit logiciel permettant d’envoyer directement dans le dossier des renseignements sur l’état fonctionnel du patient. Est-il plus essoufflé, plus fatigué ? L’infirmière va mesurer la fréquence cardiaque et la tension artérielle et nous les télétransmettre. Nous téléchargeons automatiquement des résultats de laboratoire, et le pharmacien d’officine va nous renseigner à chaque délivrance d’ordonnance du médecin généraliste. Munis de tous ces renseignements, nous avons développé avec notre partenaire industriel sur Clermont-Ferrand, Almerys (filiale d’Orange), un système expert qui va générer des alertes et des alarmes, si c’est plus grave, que nous traitons tout au long de la journée pour essayer de régler les problèmes de façon très précoce. Une intervention thérapeutique très rapide peut en effet permettre d’éviter une ré-hospitalisation.

Cardiauvergne est donc un projet novateur…

Le projet est assez novateur dans le sens où nous sommes les seuls, actuellement en France, à faire ce genre de travail sur cette pathologie-là. Il m’a fallu plus d’une année de préparation pour mettre au point tout cela : non seulement le travail avec les informaticiens, bien sûr, mais aussi la recherche de crédits. De façon synthétique, le budget de fonctionnement nous est alloué par l’Agence régionale de santé : ce sont des fonds qui viennent de l’Assurance Maladie. Et pour les équipements, nous avons eu le soutien financier de la Région, tout d’abord, pour l’acquisition des premières balances et télétransmetteurs. Nous avons eu aussi le soutien de l’Etat, et désormais de l’Europe, pour tous ces matériels. Pour les smartphones, ce sont les Conseils généraux des 4 départements qui nous ont subventionnés. Nous pourrons, je pense, à partir de l’automne prochain, nous dispenser de l’achat de ces smartphones, puisque l’application qui nous est utile pourra être téléchargée sur les smartphones des infirmières et des infirmiers.

Y a-t-il un lien entre médecine et aménagement du territoire ?

Oui, le lien est très fort. Il faut prendre conscience que les métiers de santé, comme d’autres, sont en train d’évoluer, et il faut absolument accompagner cette évolution. Les médecins sont moins nombreux, et les pratiques doivent absolument s’adapter : la télémédecine est une manière de faire une médecine plus efficace à un moindre coût. Toutes les collectivités en sont conscientes et nous aident à mettre en place ces nouvelles pratiques. Sans entrer dans le détail, il y a des spécialités qui se prêtent mieux que d’autre, sans doute, à ce type de prise en charge. Dans des spécialités comme l’imagerie médicale, l’ophtalmologie ou la dermatologie, par exemple, des possibilités de télétransmission d’images permettent de pratiquer, encore une fois, une médecine plus efficace et à moindre coût.

Site Internet : www.cardiauvergne.com

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