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Territoires / Environnement

Les volcans

Quelque 90 volcans, serrés les uns contre les autres, s’alignent aux portes de Clermont-Ferrand pour constituer la chaîne des Puys. Ils ont joué un rôle considérable dans l’émergence des idées sur les volcans, leur origine et leurs causes

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Le volcanisme, une histoire naturelle

Le volcanisme, une histoire naturelle

Quelque quatre-vingt-dix volcans, serrés les uns contre les autres, s’alignent aux portes de Clermont-Ferrand pour constituer la chaîne des Puys. Ils ont joué un rôle considérable dans l’émergence des idées sur les volcans, leur origine et leurs causes.

Dans leur conquête de la Gaule, les Romains avaient probablement remarqué les similitudes de formes entre les collines auvergnates et les volcans actifs de Sicile et d’Italie, mais nulle trace écrite ne nous en est parvenue. Après la désintégration de l’Empire romain, ces savoirs anciens, s’ils ont jamais existé, ont été perdus. Pendant plus d’un millénaire et demi, on a donc interprété à tort les cônes de scories de la chaîne des Puys comme autant de déblais monumentaux d’anciennes forges romaines aujourd’hui disparues.

C’est Jean-Étienne Guettard, conservateur du cabinet d’histoire naturelle du duc d’Orléans, qui ouvre la voie du renouveau. En 1751, lors d’un voyage dans le Bourbonnais, il remarque une fontaine, à Moulins (Allier), taillée dans une matière sombre qu’il compare à une roche volcanique. Curieux d’en retrouver l’origine, il remonte la piste pour aboutir aux villes de Riom et de Volvic (Puy-de-Dôme). Intrigué par la succession de « taupinières » géantes qui barrent la ligne de crête, il escalade la plus élevée, le puy de Dôme. Il s’émerveille alors devant le spectacle de ces volcans alignés, certains montrant en leur sommet un cratère bien visible. Certain d’avoir découvert des volcans dans le centre de la France, il rédige un mémoire qu’il présente en mai 1752 à Paris, devant les membres de l’Académie des sciences.

Deux écoles de pensée au XVIIIe siècle

L’histoire fait grand bruit, car on ne pensait pas à l’époque qu’il puisse exister des volcans éteints dans des régions éloignées des volcans actifs. Au-delà de cette question, elle déclenche l’une des polémiques les plus violentes de l’histoire des sciences de la terre. En effet, les savants se rangent rapidement en deux écoles de pensée diamétralement opposées.

L’une considère que les « basaltes », roches compactes et très dures, se forment par « précipitation chimique » au fond de la mer, et que les éruptions volcaniques sont liées à la combustion souterraine « spontanée » de charbon, de bitume ou de soufre ou de sulfure de fer.

L’autre école interprète les « laves » comme d’anciennes matières en fusion éjectées du cratère des volcans et ensuite solidifiées. Pour elle, les volcans sont des sortes de « soupapes de sécurité » qui évacuent une partie de l’énergie interne de la Terre sous forme de roches fondues.

Cet antagonisme farouche entre les deux interprétations se poursuivra pendant près d’un demi-siècle, le combat passionné ne se cantonnant pas à l’Auvergne, mais se propageant rapidement à l’ensemble de l’Europe.

Un nouveau combat au xixe siècle

Vingt ans après Guettard, Desmarest explore l’Auvergne et démontre que basalte et lave sont tous deux produits par les volcans. Il distingue les volcans récents, reconnaissables à leurs cônes aux pentes fortes, parfois couronnés d’un cratère, et dont les coulées sont encore couvertes de scories, et les volcans plus anciens, découpés par l’érosion et dont la forme n’évoque plus du tout un volcan.Montlosier (1788) complète les remarques et observations de Desmarest et nie l’existence de « feux souterrains de charbon ou de bitume » qui seraient à l’origine de la fusion des laves. C’est ensuite Dolomieu (1798) qui affirme que l’activité volcanique correspond à la remontée de roches fondues venues des profondeurs de la Terre, idée fondamentale qui reste valable aujourd’hui.

Le xixe siècle voit naître un nouveau combat, dans lequel s’affrontent ceux qui pensent que les volcans sont un simple gonflement de la surface du sol (c’est la théorie des « cratères de soulèvement ») et ceux qui en font des accumulations de matériaux, remontés des profondeurs et expulsés en surface, autour d’un orifice. Ce n’est qu’après une trentaine d’années de polémiques et d’observations minutieuses en Auvergne, en Italie ou aux îles Canaries, que les partisans des cratères de soulèvement seront défaits.

L’Auvergne, l’un des berceaux de la volcanologie mondiale

Dans les années qui suivent (1820‑1860), Les naturalistes se succèdent en Auvergne et leurs observations permettent d’affiner les théories. En Auvergne, Henri Lecoq (1867) publie ses « Époques Géologiques de l’Auvergne » en cinq volumes. L’ère des pionniers s’achève. Une autre vision des volcans, appuyée sur l’évolution des techniques, se met progressivement en place.

De la « redécouverte » des volcans de la chaîne des Puys par Guettard, en 1751, jusqu’à la fin du xixe siècle, l’Auvergne a donc été l’un des berceaux de la volcanologie mondiale. Les observations que les savants y ont faites ont posé les bases de l’étude scientifique des volcans. À partir des années 1870, le théâtre des opérations s’est déplacé vers d’autres régions d’Europe, puis du monde, avec de nouvelles révolutions dans les idées qui naîtront de cette vision désormais globale. Mais l’Auvergne reste la région historique qui, sans doute plus que toute autre, a contribué à l’émergence de la science volcanologique. 

Article rédigé par l'équipe de Vulcania, premier parc européen du volcanisme

 

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