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Karine Herry

Médecin de campagne et championne internationale de course à pied, Karine Herry sourit à la vie autant qu’elle lui sourit. Cette Brestoise a choisi les paysages ouverts du Mézenc pour se partager entre ses deux passions, entourée de ses jumeaux et de Bruno Tomozyk, papa poule et entraîneur.

Il est midi : Karine rentre de son cabinet de Laussonne. Les chats s’étirent sur la pierre chaude devant la porte de la maison, belle et authentique bâtisse perdue au large des Estables, avec vue imprenable sur le Mézenc. Les jumeaux sont à l’école, Bruno l’attend. Ils vont parler ensemble du prochain stage d’entraînement en Irlande, des performances de la dernière chaussure confectionnée pour elle et avec elle par Lafuma, d’une prochaine course à pied, d’un futur championnat de trail (course tout terrain), où elle fera tout pour caracoler en tête…

Il y a maintenant douze ans que le couple a quitté l’Oise pour « la Maison du Rocher Tourte, 1 370 mètres, les chambres d’hôte les plus hautes du Massif central ». Les Pyrénées avaient d’abord tenté la jeune femme médecin, qui acceptait jusque-là des remplacements dans toutes les zones rurales et montagneuses de France, quitte à faire convoyer sa voiture par le train de nuit… Mais, malgré les possibilités d’entraînement sportif en parallèle avec son activité professionnelle, le paysage « trop encaissé » et « l’habitat petit et onéreux » avaient eu raison de sa motivation. « On a donc fait le tour du Massif central, de gîtes en chambres d’hôte, jusqu’à atterrir ici… C’était à vendre. On est restés quelques jours, mais on ne voyait rien : tout était bouché. Et puis, le jour de notre départ, la mer de nuages s’est retirée. C’était magique ! »

Jus d’herbe d’orge et chrononutrition
Quand elle parle de sa terre d’adoption, le sourire omniprésent chez Karine devient lumière. Tout lui plaît : les troupeaux « à taille humaine », le fin gras, « une viande goûteuse ». « Forcément, avec la flore qu’il y a, ils ont la panse pleine de saveurs ! » Dans le pays, les gens continuent à aller chercher leurs plantes, se font de la tisane de bourrache maison. Et logiquement, au petit bourg de Laussonne, elle a trouvé « une bonne écoute ». Car pour Karine, ce que l’on ingère est la clef de tout. « 8 000 maladies sur 10 sont liées à l’alimentation ! » affirme-t-elle en plaisantant à demi.

Elle s’est ainsi spécialisée dans la micronutrition et la chrononutrition, deux approches médicales spécifiques et complémentaires, la première axée sur l’impact des acides gras essentiels, des vitamines, minéraux et oligoéléments sur la santé, la seconde prônant le respect des sécrétions enzymatiques de l’organisme, d’où l’idée de manger tel ou tel type d’aliment en fonction du moment où l’on s’attable dans la journée. Ces spécialités, rares en France et rarissimes en zone rurale, lui attirent une patientèle (femmes enceintes, sportifs, personnes en surpoids) qui n’hésite pas à venir de Lyon ou même de Marseille pour consulter.

« C’est le sport qui m’a amenée dans cette voie, ces matières n’étant pas enseignées en faculté de médecine. » Depuis son premier contact avec la course à 23 ans, grâce à la rencontre avec Bruno, mordu de course à pied sur route et en montagne, elle est son propre cobaye. Elle qui n’a à son palmarès que douze ans de danse classique et à peine quelques joggings du dimanche avec papa note scrupuleusement ce qui se passe dans son corps. Aujourd’hui, avec le recul et l’expérience, elle reprend avec profit toutes ces notes accumulées. Et c’est sans hésiter qu’elle affirme que ses choix nutritionnels sont complètement liés à sa réussite sportive. En vous proposant avec un éclair gourmand dans les yeux un petit verre de lait de riz mélangé à du jus d’herbe d’orge, « excellent soutien pour le système immunitaire »…

Souvent sans montre, la coureuse écoute ses propres sensations. « Je n’ai pas cherché à progresser de 10 % par an avec des piquouses : je progresse de 1 % par an avec mes méthodes. » Elle a appris à manger pâtes ou purée en avalant les kilomètres par dizaine. S’est forgé un mental en même temps qu’un physique en se confrontant aux « grosses baraques » de Martiniquais pour le Tchimbé Raid ou en évitant de justesse un serpent à sonnettes lors du Western States Endurance Run, course de “100 miles – one day” sous l’implacable soleil californien.

Le grand chelem de 2006
Son palmarès de ces dernières années est révélateur d’une belle montée en puissance. En 2006, elle réussit un triplé, qui est une première dans le monde de la course nature : victoire à l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, en 25 h 22’, soit la meilleure performance féminine de tous les temps ; victoire au Grand raid de l’île de la Réunion (la Diagonale des fous) en 26 h 23’ ; victoire à la Course des Templiers en 7 h 47’. 2007 n’est pas mal non plus, puisqu’elle réussit un doublé historique : championnat de France des 24 heures et championnat de France des 100 km la même année.

Karine a conscience qu’elle ne retrouvera peut-être pas le feu sacré de 2006. « À force de faire du trail, j’ai perdu en vélocité. » Elle a envie aujourd’hui de « plus de plaisir, plus de paysages ». Voudrait retourner courir au Japon, en souvenir du formidable banquet composé d’une « alimentation hyper-saine » qui avait été donné pour les coureurs du Madarao Forest Trail. Ou en Amérique du Sud, pays de volcans, que le couple aime décidément beaucoup, au point d’avoir envie de faire découvrir aux autres coureurs du monde ceux de leur Auvergne. Organiser une course autour des sources de la Loire toutes proches : c’est le prochain défi de Karine.

 

Karine Herry et ses victoires

Elle en affiche plus de 100 sur les courses longues distances et trails, notamment :

  • championne du monde des 100 km par équipe avec l'équipe de France en 1999.
  • championne d’Europe des 100 km par équipe avec l'équipe de France en 2000 et 2005.
  • 8 titres de championne de France : 7 fois championne de France des 100 km entre 2001 et 2007  ; championne de France des 24 heures pour sa première participation en 2007.
  • vice-championne d'Europe des 100 km en 2000 et 2004.
  • victoire au Swiss Alpin Marathon de Davos en 2002.
  • 2 fois troisième à la Western States Endurance Run (États-Unis) en 2005 et 2007.
  • victoire à l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc) et record féminin en 2006 en 25 h 22’.
  • victoire au Grand raid de la Réunion en 2006.
  • 9 victoires à la Course des Templiers (sur 9 participations).

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