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Marcel Duriez

Rome, Tokyo, Mexico : Marcel Duriez franchit les haies et rencontre des obstacles.

« Je faisais du sport un peu en dilettante. C’était surtout l’occasion d’échapper à la mine, et de découvrir un autre univers ! » Un dilettantisme qui aura conduit Marcel Duriez bien plus loin qu’il ne le pensait : des dizaines de compétitions internationales dans le monde entier, trois olympiades à Rome, Tokyo et Mexico… et une nouvelle région d’adoption qu’il n’a plus quittée : l’Auvergne.
« Et tout ça s’est fait un peu par accident » confie dans son jardin de Cournon d’Auvergne ce grand bonhomme qu’on n’imagine pas taillé pour sauter les haies : « J’étais effectivement un peu lourd comparé aux autres gabarits. Un vrai handicap quand il pleuvait sur les pistes cendrées de l’époque ». Quand il commence à se mettre au sport à Oignies à la fin des années 50, les haies sont encore loin : « moi, c’était l’équipe de foot, la natation et la gym.  Jusqu’au jour où, à 16 ans, on me demande de remplacer un coureur de haies absent : à la surprise générale, je gagne ! » Voilà le jeune Marcel propulsé en équipe de France Poids et haies.
Un mélange des genres qui peut surprendre aujourd’hui, mais qui était presque une règle à l’époque : « Dans mon club de Oignies, il y avait un certain Michel Jazy, qui excellait… au triple saut. Il y avait aussi Guy Drut, aussi bien en haies qu’en perche ou en javelot ! Aujourd’hui, on spécialise les sportifs beaucoup trop tôt. On devrait rester polyvalent le plus longtemps possible ! »

A Rome à plat ventre…

Marcel garde donc plusieurs cordes à son arc, n’arrêtant le football qu’à 18 ans pour se concentrer sur l’athlétisme où il commençait à accumuler des victoires, synonyme de voyages : «j’ai découvert d’autres horizons que le nord. Le sport m’a vraiment permis d’éviter de faire comme les autres : entrer à la mine pour ne plus en sortir ». A la place, il entre en équipe de France senior en 1959, avec une toute nouvelle génération qui allait écrire les belles pages de l’athlétisme français : « on battait les Anglais, les Allemands, et on arrivait même à égaler la grande URSS. On était invités partout dans le monde. Pour des jeunes comme nous, c’était extraordinaire. Personne n’avait imaginé pouvoir voyager comme ça ! »
C’est ainsi qu’en 1960 le jeune Marcel se retrouve sélectionné pour les jeux olympiques de Rome : «  Visiter la ville éternelle, voir toutes les épreuves et surtout la finale à la boxe de Muhammed Ali… et prendre tous les risques pour gagner, c’était mon objectif ». Une fois passées les séries, la prise de risques sera un peu trop forte : «en quarts de finale, j’accroche la quatrième haie et je passe la suivante à plat ventre ! »
La même mésaventure arrivera à l’athlète deux ans plus tard aux championnats d’Europe, « et ça m’a fait comprendre certaines choses comme la nécessité de se concentrer sur son couloir sans des préoccuper des autres ? »

Météo adverse

Une stratégie qu’il va mettre en œuvre en 1964 pour les jeux de Tokyo qui s’annoncent sous les meilleurs auspices : « en 1963, une répétition générale avait été organisée à Tokyo, et j’avais remporté l’épreuve ! » C’est donc en toute confiance qu’il se présente aux jeux de 1964… et bat en séries le champion olympique en titre ! Marcel Duriez franchit ainsi toutes les épreuves et se présente en finale… avec des conditions météo détestables : « avec mes 90 kilos, j’étais le plus lourd sur la ligne de départ. La pluie qui détrempait la piste cendrée, et le vent dans le dos qui avantageait les petits gabarits… tout le contraire de ce que j’espérais ». Le ch’ti arrivera 6ème, laissant la médaille d’or à l’américain Hayes Wendell Jones.
Plus de trente ans plus tard, il parvient à rire de ces conditions qui lui ont sans doute coûté une médaille : « Aujourd’hui, dans une ville comme Clermont-Ferrand, les conditions d’entraînement sont incroyablement meilleures qu’il y a trente ans aux J.O. A l’époque, on s’entraînait dans des salles de basket, et mes amis perchistes touchaient le plafond ! Quant à la piste du stade Michelin, elle était carrée ! Il fallait tourner à angle droit ! »
Bien d’autres choses ont également changé : « A cette époque, j’ai remporté quelques-uns des meetings les plus prestigieux du monde : Berne, Zurich… et ça me rapportait… une montre ! »

Finaliste à Mexico

Cette 6ème place à Tokyo offre un nouveau statut à Marcel Duriez : « j’avais fait une finale olympique ! On me connaissait et ça m’a beaucoup aidé dans mon métier ». Après deux années passées comme enseignant chez Michelin, Marcel Duriez intègre une jeune société d’article de sports en plein essor, Adidas : « on était six pour toute la France ! »
Le finaliste a ainsi ses entrées dans tous les clubs de sport et poursuivant, un temps, ses trois entraînements par semaine pour battre en 1966 le record d’Europe en salle et décrocher une médaille aux championnats du monde de Budapest. «  J’ai eu l’impression d’avoir fait le tour de la question, et avec l’arrivée des coureurs noirs américains, je savais que je ne serai jamais champion olympique. J’ai donc décidé d’arrêter la compétition ».
C’est son employeur qui l’incitera à revenir sur les pistes, avec la mission de faire chausser des Adidas aux coureurs américains. A Mexico, Marcel Duriez remplira sa mission, mais il fera bien mieux, en décrochant une finale inespérée ! « Là, à 28 ans, j’ai décidé d’arrêter définitivement, histoire de finir sur une bonne impression. »

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