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Pierre Dupasquier

L’ancien patron du service de la compétition Michelin n’est pas le genre à passer sa retraite au jardin. Il s’est offert un petit hélicoptère. Curieux pour quelqu’un qu’on n’imagine pas en vol stationnaire.

 

Il n’évolue plus dans les paddocks des circuits de Formule 1 mais il aime toujours la vitesse, et conduit sa vie sans se soucier des limitations. Pierre Dupasquier a passé plus de trente ans à la tête du service de la compétition chez Michelin. Il se disait à l’usine qu’il bénéficiait de la confiance de François Michelin, ce qui en ces lieux ne comptait pas pour rien. Passionné par son travail, il cumulait déjà les annuités qu’on nous demandera en 2100 pour l’équilibre des caisses de retraite lorsqu’en en 2005, il a plié les gaules.

Dans un concert de louanges. Au jour du pot de départ, son successeur dans la fonction a mis la gomme : « Quand Mick Jagger quitta les Rolling Stones, les Stones ne furent jamais plus vraiment les Stones. Personne ne remplacera Pierre… » Nul n’a noté que les Stones n’ont jamais eu à se passer de Jagger, et que ce brave Mick est encore à la veille de la retraite. Chez Bib, ils doivent être plutôt Beatles… Mais convenons que Pierre Dupasquier est rock’n roll. Dans son entourage, on confie qu’être le public de ses enthousiasmes demande de l’énergie. « Il pense que le bonheur n’est pas forcement dans la raison », s’amuse de son côté Matthieu de Quillacq. Matthieu est instructeur de deltaplane et autres « trucs qui volent », et moniteur de ski quand la météo le permet. Il enseigne à Pierre Dupasquier le maniement du joujou que ce dernier s’est offert, un hélico, certes miniature, mais un hélico tout de même.

Aux US, tout le monde vole

Le Kompress est un engin de conception italienne, projet vieux de 17 ans. En France, l’engin est éligible comme hélicoptère mais avec son poids total volant inférieur à 450 kg, la réglementation européenne le classe parmi les ULM (ultra-légers motorisés). Pour le piloter, un brevet d’ULM suffit. Ça le distingue des hélicoptères plus imposants dont d’entretien représente un budget stratosphérique. Trois frères, les Barbero, installés à Asti et Turin, en fabriquent 20 par an. Il y en a 230 dans le monde, dont une vingtaine en France.

« J’ai passé 5 ans aux États-Unis, explique Pierre Dupasquier. Là-bas tout le monde vole. Et puis on a le droit de conduire tout ce qu’on construit soi-même. J’avais trouvé des gens qui vendaient un hélico en kit mais j’ai du rentrer en France. Alors quand j’ai appris que le Kompress existait… » L’énergique septuagénaire ne s’est pas inscrit sur la liste des acquéreurs d’une machine neuve. « Je n’ai pas trente-cinq ans. Je n’ai pas le temps d’attendre. J’ai trouvé un Kompress qui, avec 225 heures de vol, était comme neuf. »

L’appareil coûte le prix d’une voiture de luxe. Pierre Dupasquier en est raide dingue : « Une machine intelligente, et rapide puisqu’elle peut voler à 220 km/h, une vitesse élevée pour un hélico. Elle consomme 17 litres de carburant à l’heure, du sans plomb 95. En coût énergétique, c’est moins qu’une voiture. Une mobylette des airs ! On se pose presque où l’on veut hors la ville (on doit théoriquement avoir l’autorisation du propriétaire pour se poser dans un champ.) Le réservoir à carburant est amovible. On atterrit près d’une station-service, on part avec son réservoir pour le remplir.» L’engin est équipé d’un moteur quatre cylindres à plat gavés par un turbo et qui développent une centaine de chevaux. C’est ici un modèle à deux places, évolution d’une première version monoplace pour laquelle l’instruction se faisait par radio (!).

Poser l’hélico au frein à main

Face à un hélico Gazelle, le Kompress ne démérite pas. « C’est pourtant un moustique face à des éléphants » s’enflamme l’élève pilote qui souligne que c’est Matthieu qui était aux commandes lorsque le Kompress s’est distingué lors de championnats, en Italie et en France, où se mesurent la précision et la maniabilité des engins. « Amoureux de la machine et du vol », il s’étonne que la culture de l’air n’existe pas. « Mais on devrait tous se déplacer en volant ! »

Autrefois, il a tâté de l’aéronef en s’engageant comme aviateur. C’était en 1961 et l’expérience aurait pu être traumatisante… « J’ai eu de la chance, les accords d’Évian ont été signés avant qu’on m’envoie en Algérie où je n’avais rien à faire, surtout avec des bombes sous les ailes. » Mais sa formation d’aviateur ne lui est pas très utile, estime-t-il, pour mener le Kompress. « Un hélicoptère est très facile à piloter. Il n’y a pas de vitesse de décrochage. Contrairement aux idées reçues, un hélico en panne de moteur ne tombe pas comme une pierre. Tout pilote est en mesure de se poser en autorotation dans ce cas-là, la descente étant freinée par les pales. »

Corinne, la compagne de Pierre ne se fait pas trop de mouron au sujet de ses facéties aériennes, disons pas plus que lors de ses sorties en moto. De toute façon, il lui faut des sensations fortes. « C’est un hyperactif qui ne peut pas s’arrêter. Il a bossé jusqu’à 69 ans et ne va plus sur les circuits désormais parce que pour lui ça n’a pas d’intérêt s’il n’est pas acteur », remarque-t-elle. S’il était un acteur de cinéma, il refuserait sûrement les doublures pour les scènes de cascades, lui qui jubile en expliquant qu’il poserait volontiers son hélico sans plan de descente progressif, « comme on arrête une voiture au frein à main. »

Publication
En 2007, Pierre Dupasquier a publié « 40 ans de passion en sports mécaniques : Le pneu X Michelin en compétition », récit des ses années Michelin.

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